« Là où il n'y a pas de liberté économique, il n'y a pas de liberté politique. » – Milton Friedman
La Direction générale du Trésor lance aujourd'hui la Semaine de l'Export 2026 avec le forum « Bercy France Export ». Objectif : accompagner les PME françaises vers les marchés étrangers. Les Services économiques présentent les opportunités au Moyen-Orient, en Asie du Sud-Est et en Amérique latine. Le gouvernement espère compenser l'atonie du marché intérieur par les exportations. Mais le déficit commercial français reste abyssal : -85 milliards d'euros en 2025. La France exporte surtout des avions, des vins et du luxe — des secteurs où les PME sont rares. La rhétorique exportatrice cache mal un modèle économique en panne.
(Direction générale du Trésor)
Sans surprise, le Conseil constitutionnel a été saisi du projet de loi de finances par 60 députés de gauche. Les parlementaires contestent plusieurs cavaliers budgétaires et la procédure d'adoption via le 49.3. Le Conseil dispose de huit jours pour statuer. Selon les constitutionnalistes, le texte devrait être validé dans ses grandes lignes, avec peut-être quelques censures partielles sur des dispositions jugées étrangères au domaine des lois de finances. En attendant, le gouvernement publie les premiers décrets d'application. La machine administrative n'attend pas.
(Conseil constitutionnel, Le Monde)
Le géant du luxe LVMH publie des résultats annuels records : 89,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025, en hausse de 9%. Le bénéfice net dépasse les 15 milliards d'euros. Bernard Arnault, toujours première fortune mondiale, salue « la résilience exceptionnelle » de ses marques. Louis Vuitton, Dior et Hermès captent la demande mondiale des ultra-riches. Mais ce succès masque un paradoxe français : le pays qui produit le plus de milliardaires d'Europe peine à créer des emplois industriels. Le luxe, c'est 200 000 emplois directs. L'industrie manufacturière en a perdu 2,5 millions en quarante ans.
(Les Échos, Bloomberg)
Outre-Rhin, la crise de l'industrie automobile s'aggrave. Volkswagen annonce 10 000 suppressions de postes supplémentaires dans ses usines allemandes. Le géant de Wolfsburg souffre de la concurrence chinoise sur l'électrique et du recul des ventes en Europe. BMW et Mercedes suivent avec des plans d'économies. Pour la France, c'est une mauvaise nouvelle : l'économie allemande représente 15% de nos exportations. Quand l'Allemagne tousse, la France s'enrhume. Le modèle « tout auto » germanique vacille, sans qu'un nouveau moteur de croissance n'émerge en Europe.
(Reuters, Handelsblatt)
Aux États-Unis, les marchés financiers n'anticipent plus de baisse des taux avant le second semestre 2026. L'inflation américaine reste au-dessus de 3%, bien loin de la cible des 2%. Jerome Powell maintient un discours prudent, évoquant « des progrès insuffisants ». Les investisseurs parient sur un maintien des taux entre 4,25% et 4,50% jusqu'en septembre. Cette perspective de taux élevés renforce le dollar face à l'euro, pénalisant les exportateurs européens. L'écart de politique monétaire entre Fed et BCE crée des tensions sur les changes.
(Bloomberg, Financial Times)
Le prix du foncier agricole continue de grimper en France. Selon la FNSafer, le prix moyen de l'hectare a atteint 6 500 euros en 2025, en hausse de 4% sur un an. Dans certaines régions viticoles ou céréalières, les prix dépassent 15 000 euros. Cette inflation foncière complique l'installation des jeunes agriculteurs et favorise la concentration des exploitations. Les fonds d'investissement s'intéressent de plus en plus aux terres agricoles, considérées comme une valeur refuge. Un phénomène de financiarisation qui inquiète le monde paysan.
(Terre-net, FNSafer)