« Là où il n'y a pas de liberté économique, il n'y a pas de liberté politique. » – Milton Friedman
C'est officiel depuis ce matin : le taux du Livret A chute de 2,4% à 1,5%, sa plus forte baisse depuis la création du produit. Le Livret d'Épargne Populaire (LEP) passe de 3,5% à 2,5%. Le gouverneur de la Banque de France justifie cette décision par le recul de l'inflation, désormais à 1% sur un an. Mais pour les 56 millions de Français détenteurs d'un Livret A, c'est une perte sèche de pouvoir d'achat sur leur épargne de précaution. En valeur réelle, après inflation, le rendement devient quasi nul. Les banques, elles, se frottent les mains : moins elles rémunèrent l'épargne réglementée, plus leurs marges s'élargissent.
(ABE Infoservice, Banque de France)
À partir d'aujourd'hui, les abonnements électriques baissent légèrement grâce à une réduction de la Contribution Tarifaire d'Acheminement (CTA). Cette taxe, qui finance les retraites des agents des industries électriques et gazières, voit son assiette diminuer. Résultat : quelques euros de moins sur la facture annuelle. Mais ne criez pas victoire trop vite. Le prix du kWh, lui, a bondi de 15% en février 2024 et reste à des niveaux historiquement élevés. La Commission de Régulation de l'Énergie prépare déjà une nouvelle hausse des tarifs régulés pour août 2026. Le gouvernement donne d'une main ce qu'il reprendra de l'autre.
(RTL, economie.gouv.fr)
Mauvaise surprise pour les automobilistes : les tarifs des péages augmentent de 3% en moyenne sur l'ensemble du réseau concédé. Certains axes, notamment ceux gérés par APRR et SANEF, voient leurs prix grimper jusqu'à 4,6%. Les concessionnaires justifient ces hausses par l'inflation passée et les investissements dans les infrastructures. Mais ces entreprises, qui bénéficient de concessions d'État ultra-rentables, affichent des marges nettes supérieures à 20%. L'ARAFER (régulateur des transports) a beau dénoncer régulièrement ces hausses excessives, le gouvernement renouvelle les contrats sans broncher. Un exemple de plus de capitalisme de connivence à la française.
(Ouest-France, ARAFER)
Vendredi, le Premier ministre Sébastien Lecornu a engagé la responsabilité du gouvernement sur le projet de loi de finances 2026 via l'article 49.3 de la Constitution. C'est le troisième 49-3 sur ce budget, après la motion de censure qui avait fait chuter Michel Barnier en décembre. Deux nouvelles motions de censure ont été déposées par LFI et le RN, qui seront examinées demain. Si elles échouent — ce qui est probable vu l'abstention annoncée du PS — la France aura enfin un budget avec un déficit prévu de 5% du PIB. Quatre mois de chaos institutionnel pour accoucher d'un texte que personne ne défend vraiment.
(Vie-publique.fr, Assemblée nationale)
Le président américain Donald Trump a confirmé l'entrée en vigueur de droits de douane de 10% sur huit pays européens, dont la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni. Ces taxes, annoncées en janvier, ciblent officiellement les pays ayant envoyé des troupes au Groenland dans le cadre du renforcement de la défense arctique. En réalité, c'est un levier de négociation sur l'OTAN et les achats de gaz américain. Trump prévoit de porter ces tarifs à 25% dès le 1er juin si ses exigences ne sont pas satisfaites. L'Union européenne prépare des mesures de rétorsion, mais la Commission semble divisée. Une guerre commerciale transatlantique se profile.
(Wikipedia, Reuters)
Dans son enquête mensuelle de conjoncture publiée ce matin, la Banque de France estime la croissance du premier trimestre entre 0,2% et 0,3%. Un rythme poussif qui confirme le diagnostic d'une économie française en sous-régime. L'industrie manufacturière reste en contraction, pénalisée par les coûts de l'énergie et la faiblesse de la demande allemande. Seuls les services tirent leur épingle du jeu, portés par le tourisme et la tech. L'Insee maintient sa prévision de 1% de croissance sur l'année, mais ce scénario suppose une accélération au second semestre qui n'a rien d'évident. L'écart avec la croissance américaine (2,5% attendus) ne cesse de se creuser.
(Banque de France, Le Monde)